Prévision des prix du gaz naturel

Malgré la hausse observée depuis la fin juillet, le prix du gaz naturel à Dawn demeure relativement faible, avec environ 3,65 $ le gigajoule au début septembre. La forte croissance de la demande de gaz naturel, provenant notamment de l’augmentation de la demande aux fins de la production d’électricité1, a été contenue grâce aux hausses des niveaux de production et à l’ajout de capacité de transport. Cet effet a permis une moins grande volatilité des principaux prix continentaux.
À la fin septembre, les niveaux d’entreposage au Canada comme aux États-Unis étaient inférieurs à la moyenne des cinq dernières années. Au 14 septembre, le niveau d’entreposage global au Canada correspondait à 93 % de la moyenne sur cinq ans. Par contre, malgré ces niveaux inférieurs aux moyennes, la mise en service du gazoduc de Rover a augmenté la demande en gaz et du même coup les injections à Dawn. Ceci a créé un surplus dans l'est du Canada, ce qui permet donc de réduire l’écart observé avec les moyennes.
Quoi qu’il en soit, avec des températures normales, les anticipations indiquent que les entreposages retrouveront des niveaux normaux d’ici la fin de l’hiver, puisque la croissance de la production au cours des prochains mois devrait dépasser la croissance de la demande. Les prix du gaz naturel sur le marché ne devraient donc pas réagir aux niveaux d'entreposage. En ce qui a trait aux anticipations de prix pour cet hiver, le marché financier affichait au 25 septembre 2018 un prix à Dawn de 3,97 $. Évidemment, c’est la rigueur de l’hiver qui aura le dernier mot quant à la trajectoire des prix au cours des prochains mois.

Tarification et réglementation

Nouveau projet de règlement sur les cibles de GNR
Un projet de règlement a été déposé en août dernier par le gouvernement pour fixer des cibles de distribution de gaz naturel renouvelable (GNR). Cette cible serait fixée à 1 % à partir de 2020 et hausserait progressivement jusqu'à 5 % en 2025. Il est à noter que le traitement du dossier du GNR est encore devant la Régie de l'énergie.

Cause tarifaire 2018-2019
En août 2018, Énergir a participé aux audiences de la Régie de l’énergie sur la Cause tarifaire portant, entre autres, sur les prochains tarifs. La décision de la Régie sur ce dossier devrait normalement être rendue en novembre pour l’entrée en vigueur des tarifs le 1er décembre 2018.

La vision tarifaire prendra plus de temps que prévu
La phase 2 de la vision tarifaire a été mise temporairement en suspens par la Régie de l’énergie, car elle souhaite mandater un expert pour faire état de la situation des sujets traités dans cette phase. Celle-ci porte sur la révision des services de fourniture, de transport et d’équilibrage, ainsi que sur la révision de l’offre interruptible. Veuillez noter que la suspension de cette phase est hors du contrôle d’Énergir. Ceci étant dit, nous serons prêts lorsque celle-ci sera relancée, probablement au cours de l'année 2019.

Des subventions pour vos projets innovants

Vous innovez ? Énergir offre jusqu’à 250 000 $ de subvention pour tous les projets énergétiques innovants, permettant une utilisation plus efficace du gaz naturel.
Le programme Innovation vise à évaluer :

  • l’efficacité et la rentabilité de nouvelles façons de faire de l’efficacité énergétique;
  • les utilisations novatrices de technologies existantes;
  • l’intégration complémentaire d’énergie renouvelable.

Déjà, plusieurs clients profitent de ce programme et obtiennent des subventions avantageuses. Vous avez un projet innovant? Contactez votre conseiller.

Deux projets innovants chez Cascades

La papetière Cascades fait partie des industries bénéficiant du programme innovation d’Énergir. Elle a touché une subvention de 160 000 $ afin de réaliser un projet d’implantation d’un système de gestion d’énergie (SGE), ainsi que l'installation de panneaux solaires à son usine Cascades Emballage carton-caisse à Kingsey Falls.

Le SGE est un système d’amélioration continue qui permet d’optimiser la consommation énergétique d’une entreprise en établissant des objectifs d’économies d’énergie en fonction des procédés et des comportements pouvant être modifiés. Il assure la mise en œuvre et le suivi de mesures pour atteindre ces objectifs. En implantant un SGE à son usine, Cascades espère réduire de 5 % sa consommation énergétique et documenter les bonnes pratiques ainsi que les pièges à éviter lors de l’installation d’un SGE. Les résultats de ce projet pilote seront connus à l’automne 2018.

Cascades souhaitait aussi expérimenter la technologie des panneaux solaires paraboliques. Le but du projet était de savoir si elle pouvait être déployée dans plusieurs des usines de cette compagnie afin de réduire leur consommation de gaz naturel grâce à une énergie renouvelable.

Fin du marché du carbone en Ontario et incertitude pour les émetteurs ontariens

Le 15 juin 2018, le parti conservateur de l’Ontario a annoncé son intention de mettre fin au système de plafonnement et d’échange de droits d’émission (SPEDE) de l’Ontario. Il s’agissait d’une des promesses phares de la campagne de Doug Ford, chef du parti conservateur. Un projet de loi précisant de quelle façon les émetteurs ontariens qui se sont procuré des droits d’émission pourraient être indemnisés a été déposé en juillet. Le projet de loi prévoit une enveloppe de 5 millions $ pour le dédommagement des émetteurs impactés par la fin du marché. Le projet de loi fait maintenant l’objet d’une période de consultation jusqu’au 11 octobre 2018.

Dès l’annonce du retrait de l’Ontario, la fonctionnalité de transfert de droits d’émission en direction et en provenance des comptes des émetteurs ontariens a été suspendue. Cette suspension avait pour but d’éviter la revente possible d’une quantité importante de droits d’émission par les émetteurs ontariens, ce qui aurait pu avoir un effet à la baisse important sur le prix des droits d’émission au Québec et en Californie, avec qui le marché du carbone de l’Ontario était lié. Une fois l’effet immédiat de l’annonce du retrait de l’Ontario estompé, aucune baisse de prix importante sur les unités d’émission dans le marché secondaire n’a été constatée, alors que les prix ont plutôt évolué à la hausse depuis l’annonce.

À moyen et long terme, le retrait de l’Ontario pourrait limiter les pressions à la hausse qui sont anticipées sur le prix des droits d’émission au Québec et en Californie, car il était prévu que les émetteurs ontariens soient des importateurs nets de droits d’émission du Québec et de la Californie.

Les émetteurs ontariens font maintenant face à une incertitude importante quant à la tarification du carbone. En effet, il est prévu que la redevance sur le carbone et le système de tarification fondée sur le rendement (le volet pour les industries émettrices de plus de 50 000 t GES/année) annoncés dans le cadre du filet de sécurité fédéral sur la tarification du carbone entrent en vigueur le 1er janvier 2019 et soient appliqués dans les provinces et territoires n’ayant pas mis en place un mécanisme de tarification du carbone jugé équivalent au filet de sécurité fédéral. Le prix par tonne de carbone en vertu du filet de sécurité fédéral serait fixé à 20 $/tonne en 2019 et augmenterait de 10 $ par année jusqu’en 2022.

Or, le gouvernement de Doug Ford a annoncé son intention de contester l’application de la tarification fédérale. Le plan fédéral pourrait ainsi commencer à s’appliquer à compter du 1er janvier 2019, en attendant une décision sur la contestation légale. Bien des rebondissements sont encore possibles d’ici cette date, alors il s’agit d’un dossier important à suivre pour les émetteurs ontariens d’ici la fin de 2018 et en 2019.

Du nouveau dans l'équipe

Au cours des derniers mois, deux nouveaux conseillers se sont joints à notre équipe. Dans l'optique de toujours mieux vous servir à l'aide d'une équipe diversifiée et de personnes spécialisées, nous sommes très fiers d'accueillir ces nouveaux conseillers.

Matthieu François

Matthieu intègre l'équipe avec une grande expérience en efficacité énergétique. Ayant d'abord travaillé à Engie en France, il s'est ensuite joint au Centre des technologies du gaz naturel à Boucherville. C'est un projet avec Énergir qui l'a amené à devenir conseiller en efficacité énergétique et innovation en 2015, poste lui conférant comme principale responsabilité la conception et la gestion des programmes d'efficacité énergétique.

Robert Castonguay

Avant de se joindre aux conseillers VGE à Énergir, Robert accompagnait les grands clients industriels à Hydro-Québec sur des enjeux concernant les projets d’accroissement, la pérennité et l’efficacité énergétique. Il a également travaillé à l’évaluation de la valeur économique de grands projets liés à la commercialisation de l’électricité aux États-Unis, en plus d'avoir été gestionnaire de l’équipe responsable de l’optimisation des ventes d’électricité pour les marchés de gros du nord-est de l’Amérique du Nord.
1 La demande aux fins de production d’électricité était de plus de 13 % au troisième trimestre de 2018 par rapport à la même période en 2017.